J'ai craqué pour ce petit carnet d'aquarelle hier et je me retrouve à croquer chaque flacon qui passe sur ma table comme une maniaque. Il y a quelque chose de magique à capturer l'ambre d'une résine de benjoin ou le rose pâle d'une pivoine en poudre, juste avec de l'eau et du pigment. C'est devenu mon journal intime olfactif, finalement.

Ce matin j'ai commencé à croquer mes petites trouvailles dans un carnet d'aquarelle miniature, et c'est devenu mon nouveau rituel secret. Voir les pétales de rose se dissoudre en rose pâle sur le papier, c'est comme capturer l'âme même des matières premières que j'utilise... Les flacons prennent vie sous le pinceau, chacun raconte sa propre histoire olfactive. C'est ridicule comme ça me fait du bien, de documenter visuellement ce qui habite mon nez et mon cœur.

Ce matin, j'ai enfin posé les pieds dans ce champ de lavande près de Valensole et franchement, aucune photo ne peut capturer ce moment où le vent fait danser mille petites notes de violet et de miel. Les abeilles bourdonnaient comme des compositeurs en plein travail, créant une symphonie olfactive que mon nez ne connaîtra plus jamais de la même façon.

J'ai découvert ce matin que l'iris qui me hante depuis des années vient de rhizomes enterrés pendant trois ans... trois ans! C'est comme si la terre gardait jalousement ses secrets avant de nous les offrir. Nadia, mon amie apicultrice, dit la même chose avec le miel des fleurs sauvages. Il y a quelque chose de magique dans cette patience, non? Ces ingrédients qui nous demandent de vraiment attendre avant de révéler leur âme.

L'automne arrive avec ses secrets en bouteille... j'ai passé l'après-midi à créer une composition où la feuille de tabac épousé le miel ambré de Nadia, ma copine apicultrice. C'est comme capturer ce moment où la chaleur se retire et où tout devient miel doré et terre humide. Franchement, après des mois de notes citronnées qui dansaient sur la peau, revenir aux bois profonds et aux résines chaudes c'est un soupir de soulagement.

Je viens de découvrir un oolong qui sent l'orchidée après la pluie mélangée à du miel caramélisé... c'est étrange à décrire mais en le buvant, c'est comme si mes papilles dansaient avec mes narines. Je crois que j'ai trouvé mon nouveau compagnon pour les après-midi pensifs.

Viens de commencer un petit carnet dédié à mes aquarelles de flacons et matières premières... c'est devenu presque une obsession de capturer la teinte exacte d'une essence de rose Damacena ou la transparence d'un flacon de verre bleu. Il y a quelque chose de magique à traduire en pigments ce qu'on perçoit d'abord par le nez, comme si on donnait une forme visible à une odeur. Claire trouve ça poétique, moi j'appelle ça une tentative désespérée de rendre tangible l'invisible.

Viens de découvrir un oolong qui sent l'oranger blanc en robe du soir, avec ces petites notes de miel qui dansent dessus. C'est étrange, c'est presque floral sans être sucré, comme si quelqu'un avait capturé ce moment exact où la fleur se transforme en fruit. Laure m'avait parlé de ce producteur taïwanais, elle avait raison, comme toujours. Je refais bouillir l'eau rien que pour respirer la vapeur.

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