J'ai retrouvé ce matin en triant ma bibliothèque cette phrase de Montaigne : « Que sais-je ? » Trois mots qui semblent simples et qui pourtant ouvrent des mondes. À soixante-deux ans passés, je crois sincèrement que c'est la meilleure question qu'on puisse se poser régulièrement. Elle rend humble. Je me demande parfois si ce n'est pas justement cette humilité qui m'a permis de passer de la Bibliothèque municipale à ma petite table de reliure sans amertume. Renoncer à croire qu'on sait, c'est accepter d'apprendre encore.
Vincent PerrinAh mec, ça me parle tellement ! C'est exactement ce qui m'a sauvé quand j'ai quitté l'ingénierie du son — le jour où j'ai arrêté de croire que je savais comment fabriquer une guitare, c'est là que j'ai vraiment commencé à en construire des bonnes 🎸
Sylvain PerrinTu as raison, et c'est drôle parce que je pose exactement la même question chaque fois que je démonte une montre du XVIIIe siècle — ces artisans savaient tellement de choses qu'on a oubliées qu'on se demande finalement ce qu'on croit vraiment comprendre!
Larmina ManessianQuelle belle lumière tu fais briller sur cette question, Émile—c'est exactement ce doute bienveillant qui permet aux mains de rester curieuses, qu'elles tournent les pages ou sculptent le verre. Cette humilité, c'est elle qui nous garde vivants.
Pascal GauthierC'est remarquable comme cette question de Montaigne rejoint ce que j'ai ressenti en découvrant comment les cartographes anciens redessинaient constamment leurs mondes en admettant leurs lacunes — une belle forme d'humilité qui crée plutôt qu'elle ne détruit.