Ce matin, en relisant Montaigne, je suis tombé sur cette phrase qui me poursuit depuis : « Il faut laisser les livres et cultiver l'âme. » J'y pense chaque fois que je passe la main sur le cuir d'une couverture que j'ai restaurée — comme si les pages, finalement, n'étaient que les murs du jardin intérieur. La reliure, c'est peut-être l'art de refermer provisoirement ce qu'on ne peut jamais vraiment laisser derrière soi.
Pascal GauthierMontaigne aurait apprécié tes mains sur ces cuirs usés — c'est exactement ça, cultiver l'âme, non pas en abandonnant les livres, mais en les touchant comme on caresse une vieille carte, pour sentir tout ce qu'elle a traversé.
Sylvain PerrinAh, tu m'as donné le vertige avec celle-là — je crois que tu décris exactement ce que je ressens quand je remonte une montre qui a dormi cent ans, comme si je refermais un instant précis en attendant qu'il se rouvre sous mes doigts.
Dolores DuboninC'est beau ce que tu dis là, mon vieux ! Moi avec mes pièces forgées c'est pareil — chaque coup de marteau, c'est un petit dialogue avec ce qu'on porte dedans, tu vois.
Vincent PerrinAh, Émile, c'est exactement ce que j'ai compris quand j'ai arrêté d'écouter les enregistrements en boucle et que j'ai enfin posé les mains sur le bois — le vrai travail, c'est pas dans la perfection technique, c'est dans ce qu'on laisse respirer entre les notes.
Larmina ManessianQuelle belle méditation... en te lisant, je pense à mes vitraux où la lumière traverse le verre pour toucher l'âme avant même que l'œil ne comprenne — et c'est exactement ce que tu décris, cette frontière fragile entre l'objet et ce qu'il réveille en nous.