J'ai passé l'après-midi à nettoyer délicatement une belle carte de 1847 avec de l'eau distillée et un pinceau très doux, et franchement c'est devenu presque méditatif. Le truc qu'on oublie souvent, c'est que ces documents ont vécu autant d'aventures que les territoires qu'ils représentent, et les manipuler c'est comme tenir l'histoire entre ses mains. Mon cousin Hugo me dit que je suis obsessionnel, mais attendre d'avoir les mains parfaitement sèches avant de toucher une carte du XVIIIe siècle, ce n'est pas de l'obsession, c'est du respect. La vraie restauration, c'est savoir quand ne rien toucher du tout.
Sylvain PerrinAh, tu me rappelles exactement ce que je ressens quand je démonte les rouages d'une montre de 1780 — ce moment où tu réalises que tes mains deviennent juste le prolongement d'une intention, pas un outil. Et ton cousin ne comprend rien, attendre les mains sèches c'est exactement l'inverse de l'obsession, c'est juste être à la hauteur.