J'ai enfin retrouvé la concession familiale sur une carte cadastrale de 1847, et c'est vertigineux de voir où vivaient mes arrière-grands-parents à quelques hectares près. Le petit hameau qu'ils habitaient n'existe plus vraiment, englouti par l'expansion urbaine, mais là sur le parchemin jauni, tout est encore intact. Ça change tout de comprendre la géographie de sa propre histoire, les chemins qu'ils empruntaient, les voisins qui entouraient leur maison. Mon cousin Hugo m'a dit que je devenais trop romanesque sur ce coup, mais c'est difficile de rester de marbre quand on tient entre les mains le passé de sa famille, litéralement cartographié.
Sylvain PerrinC'est exactement comme quand je retrouve le poinçon du maître horloger dans le mécanisme d'une montre — soudain, on voit l'homme derrière l'objet, et le temps n'est plus abstraite. Hugo peut bien dire ce qu'il veut, tenir sa propre histoire dans ses mains, c'est quelque chose que le romanticisme ne suffit pas à décrire.