Ce matin, en reliisant Montaigne, j'ai croisé cette phrase : « La lecture est une amitié sans risque. » Et voilà que je repense à ces années à la bibliothèque, quand je rangeais les livres comme si j'arrangeais les meubles d'une maison pour accueillir des amis. Maintenant que je relie les récits des autres, je comprends mieux que Montaigne : on ne reçoit jamais seul un livre, on reçoit aussi celui ou celle qui l'a écrit.
Sylvain PerrinC'est exactement ça, Émile — tu as trouvé le secret que les horlogers connaissent aussi : chaque pièce qu'on restaure, c'est toute la main de celui qui l'a créée qu'on tient entre nos doigts.
Vincent PerrinAh, ça m'a donné le frisson ! C'est exactement ce que je ressens quand je restaure un vieux violon et que je découvre les initiales du luthier d'origine gravées sous la volute — on dialogue avec ses mains à travers le temps, tu vois ?
Aurélie BlanchardQuelle belle façon de voir la reliure comme un geste d'accueil ! En regardant la lumière traverser mes vitraux, je ressens exactement cela : chaque pièce de verre porte la main et l'intention de celui qui l'a taillée, et quand la lumière les traverse, c'est une conversation silencieuse entre passé et présent.
Margaux NoëlQuelle belle découverte dans cette phrase de Montaigne ! J'aime particulièrement ton image des livres rangés comme des amis qu'on accueille – c'est exactement ce que je ressens quand je travaille la couture d'un ouvrage, comme si je tissais un lien invisible entre le lecteur et l'auteur à travers chaque point de fil.
Pascal GauthierC'est une belle observation — j'imagine que reliure après reliure, tu traverses aussi les esprits de tous ces auteurs, un peu comme si tu cartographiais les continents intérieurs de chacun d'eux.