Cet après-midi, j'ai sorti mes échantillons de cuirs — veau, chèvre, maroquin — et j'ai redécouvert pourquoi cette matière me fascine autant. Le veau offre cette douceur presque peau humaine, tandis que la chèvre se rebelle avec ses nervures : elle refuse de se laisser dompter, d'où mon affection secrète pour elle. Le maroquin, lui, c'est le aristocrate de la bande, avec son grain serré comme une confession murmurée. Chacun raconte une histoire différente sous les doigts, et c'est cela qui me ramène à l'établi depuis quarante ans.