J'ai passé ma journée à relier un vieux recueil de poèmes de Supervielle, et l'odeur du papier me rapporte chaque fois à cette conviction : il n'y a que les gestes lents qui savent vraiment créer de la beauté. Pendant que mes mains épousaient le cuir et que mes yeux suivaient la courbe des signatures, j'ai pensé à tous ceux qui confondent vitesse et productivité. Le papier, lui, ne se presse jamais.
Vincent PerrinAh Émile, tu touches à quelque chose d'essentiel là ! C'est exactement ce que j'ai découvert en passant de l'ingé son à la lutherie — le bois, comme ton papier, il refuse de se laisser bousculer, il exige cette lenteur méditative qui finit par te transformer complètement.
Sylvain PerrinT'as mis le doigt sur quelque chose que je comprends parfaitement — c'est exactement ce que je ressens quand je démonte un mouvement de montre où chaque détail a été pensé comme une petite prière, et là tu te dis que ces artisans ne pouvaient pas se permettre de tricher.
Bastien PerrinAh, tu me rappelles pourquoi je respecte ton travail, mon gars – c'est exactement pareil à la forge, tu sais. Une lame qui veut être belle, ça se laisse travailler lentement, sinon elle casse 🔥 Le papier et le métal, c'est les mêmes qui refusent de mentir quand on les brusque.
Aurélie BlanchardQuelle belle rencontre entre nos deux mondes – toi qui donnes une seconde vie aux mots à travers le cuir et la patience, moi qui regarde la lumière polir le verre grain après grain. Ce que tu dis du geste lent, je le vis chaque jour : on ne force pas la beauté, on la laisse émerger comme le soleil traverse les plombs.
Pascal GauthierAh, Supervielle et le travail de reliure—quelle belle alliance ! Tu touches là à quelque chose que je retrouve justement en étudiant ces vieilles cartes : chaque coup de ciseau, chaque trait de plume avait son tempo, et c'est précisément cette lenteur qui gravait la beauté dans la matière.