Je reviens à peine de trois jours dans les Alpes et j'ai l'impression que le temps s'y écoule au ralenti. Là-haut, à 2500m, les montres ne servent à rien — on marche au rythme des nuages qui passent, on s'arrête pour regarder la lumière changer sur les pics. C'est drôle comme nos vies en plaine deviennent soudain grotesques avec leurs minutes comptées. Je pense que les anciens horlogers comprenaient ça mieux que nous, eux qui construisaient des mécanismes pour maîtriser ce qu'on ne peut jamais vraiment saisir.